Ce qui est bien, quand un centre ville historique est protégé par l'UNESCO, c'est qu'on le retrouve à peu près inchangé.
Ce qui est moins bien, c'est qu'en fait, cela change malgré tout énormément.
Au Maroc, je me suis improvisée spécialiste des "tea trips". L'idée, c'est de choisir un endroit singulier pour y boire le thé. Cela peut être à 2260m d'altitude, au col de >Tizin'Tichka, au bord d'une plage déserte à Sidi Ifni, ou en l'occurrence à Fes, sur la place juste derrière Bab Boujloud.
Durant des décennies, cette place où trônait un mûrier a été le lieu de rencontre des fassis. Je me souviens y avoir bu un thé à la menthe excellent, durant l'hiver 2005. La place était presque vide, il y avait un peu de vent, et il était agréable de se brûler les doigts au verre fumant.
L'idée, donc, était d'y retourner, pour boire ce fameux thé.
A présent, la place est encore occupée par un mûrier, mais ce n'est pas celui qu'a connu mon père dans son enfance. Celui-là a été déraciné. Un autre, planté un peu plus bas, commence à atteindre des proportions honorables.
La chaleur, en revanche, était intenable. 32°, cela ne vaut pas les 52 qu'ont connu Marrakech et Ouarzazate cette année, mais le soleil de l'Atlas rappelle la justesse de l'expression consacrée, en arable. Chemch harra. Le soleil est brûlant, pas à la manière d'un feu, mais comme une épice trop forte. Heureusement ou pas, l'un des changements que j'ai noté est la multiplication des panneaux de bois tendus à l'horizontale, d'un bâtiment à un autre, pour protéger les passants du soleil.
Il a fallu attendre que le thé soit à température à peu près potable, puis ce fut l'escapade dans la Médina de Fès.
A présent, la place est encore occupée par un mûrier, mais ce n'est pas celui qu'a connu mon père dans son enfance. Celui-là a été déraciné. Un autre, planté un peu plus bas, commence à atteindre des proportions honorables.
La chaleur, en revanche, était intenable. 32°, cela ne vaut pas les 52 qu'ont connu Marrakech et Ouarzazate cette année, mais le soleil de l'Atlas rappelle la justesse de l'expression consacrée, en arable. Chemch harra. Le soleil est brûlant, pas à la manière d'un feu, mais comme une épice trop forte. Heureusement ou pas, l'un des changements que j'ai noté est la multiplication des panneaux de bois tendus à l'horizontale, d'un bâtiment à un autre, pour protéger les passants du soleil.
Il a fallu attendre que le thé soit à température à peu près potable, puis ce fut l'escapade dans la Médina de Fès.
(Demandez les détails à Wikipédia.)
Donc. La Médina de Fès, c'est un peu comme celle de Marrakech, les chances de s'y retrouve sont minimes. Elle s'articule autour de deux axes, la "petite descente"et la "grande descente". La petite descente est moins large que la grande descente, et les deux descendent. Comme quoi, la nomination descriptive, c'est chouette.
Autre bel exemple de nomination descriptive, la "porte des sept tournants", qui comme son nom l'indique donne accès à une ruelle... à sept tournants.
Autre bel exemple de nomination descriptive, la "porte des sept tournants", qui comme son nom l'indique donne accès à une ruelle... à sept tournants.
"Bab seb3 Lewiat", la porte des sept tournants.
| Un souvenir vénitien ?... |
Je crois que j'ai surtout été surprise par la manière dont un voyage parvient à conditionner les suivants. A travers les ruelles de Fes, leurs détours, les portes et fenêtres cintrées surgissant à l'improviste, et surtout, je pense, à cause de cette luminosité inattendue du ciel, c'était à Venise que je pensais... Comme la Cité des Doges, la partie ancienne de la ville de Fes voit ses heures comptées. Ici, l'eau n'est pas une menace, mais la difficulté d'accès et de recensement des bâtiments en ruine rend la restauration difficile et coûteuse. Jusqu'aujourd'hui, impossible d'accéder au coeur de la Médina autrement qu'à pied ou en charrette à traction animale. Je regrette de ne pas avoir sous la main une photo d'âne chargé de bidons d'eau ou de bonbonnes de gaz...
Pour éviter l'effondrement, les murs sont
étayés par des poutres.
étayés par des poutres.
En s'éloignant un peu de la partie la plus touristique de la Médina, le regard peur se perdre dans la vallée.
A certains endroits, le détail des arts décoratifs traditionnels de Fes se retrouve. Les plafondds sont ornés de poutres décoratives en marqueterie, les murs et les ogives des portes se couvrent de frises sculptées dans le plâtre. La tradition islamique interdisant la représentation figurative, il faut retrouver dans les arabesques et les détails géométriques une volonté de créer une harmonie de facture humaine qui soit analogue à l'harmonie divine, sans lui faire concurrence...
Pour ce qui est de l'ambiance, néanmoins, Fes a changé. De toutes les villes du Maroc, c'est celle où on me parle le plus souvent en français, voire en espagnol. Cela m'avait presque choquée en y allant après trois mois de vie parisienne, et ça n'a pas changé. Je vous expliquerai sûrement pourquoi dans un article ultérieur...
A la décharge des personnes qui m'ont délestée de mon """"""identité marocaine"""""", le gros appareil photo qui pendouille devait effectivement me donner des airs de touriste en vadrouille. Bref. Le tourisme est nécessaire à cette ville, mais il l'a également dénaturée. Je vais faire ma minute anti-Unesco : Tous les produits artisanaux ont baissé en qualité, quand ils ne sont pas carrément fabriqué de manière industrielle et importés... de Chine. Babouches, sacs, djellabahs souffrent de cette baisse de la qualité. Quand on en parle aux artisans, la raison est simple. Avant, ils produisaient des articles qui coûtaient deux fois plus cher, mais qui duraient beaucoup, beaucoup plus longtemps. Les choses ont changé. Les touristes refusent de payer autant, et on achète maintenant à moins de dix euros un produit qui, s'il était de bonne qualité, en vaudrait au moins vingt... A force de dire aux touristes qu'il faut "tout marchander", les prix ont fini par baisser. La qualité aussi. Et je ne rentrerai pas dans un débat post-colonialiste sans quoi on n'en finirait pas. Bref, je me calme, et vous invite à découvrir ces "vues de Fes" : | Autre exemple de ruelle récemment couverte. |
| Pour finir, un tajine de légumes. Servi bouillant, avec des bulles qui font blop blop sur les bords.Sinon c'est pas drôle. |
| Au niveau de l'ambiance, le centre de Fes, c'est un peu ça. |
Plus tard, je vous parlerai sûrement des "prises de guerre". Un peigne et une paire de babouches dorées à la turque. Plus tard dans la soirée, j'ai également eu droit à une visite d'Ain Chegag à l'occasion du festival "Tislit" (la mariée en langue amazigh). Restez en ligne pour de nouvelles aventures.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire